La fermeture? Il n’en est pas question.

Les emplois de 2 200 membres d'Unifor sont en jeu et des milliers d'autres emplois indirects sont menacés alors que General Motors (GM) annonce une restructuration sans qu'aucune production ne soit attribuée à l'usine d'assemblage d'Oshawa après décembre 2019. À moins que cette décision ne soit renversée, l'usine, installée à Oshawa depuis 100 ans, fermera ses portes.

Deux usines d'assemblage américaines et deux petites usines de transmissions américaines sont également menacées, mais c'est Oshawa qui en subira les conséquences puisqu'elle représente 45 pour cent des travailleuses et travailleurs touchés par les plans de restructuration.

Nous n’acceptons pas les plans de fermeture de l’usine d’Oshawa de GM

Unifor n’accepte pas les plans de restructuration qui entraîneront la fermeture de l’usine d’Oshawa. L’entreprise a établi ces plans en disant qu’elle adopterait de nouvelles technologies et se concentrait sur les véhicules électriques et autonomes. Bien qu’Unifor soutienne tous les constructeurs automobiles qui tentent d’adapter leur modèle opérationnel pour répondre aux besoins de l’avenir, il n’existe pas la moindre justification quant à la mise en œuvre de ces plans qui entraîneront la fermeture d’usines très productives et flexibles, comme celle d’Oshawa, pour atteindre ces objectifs.

Les plans de GM ont été dévoilés non pas dans un marché en déclin ou parce que l’entreprise éprouve des difficultés financières. Le marché américain de l’automobile continue d’atteindre des niveaux élevés, alors que les ventes attendues pourraient dépasser les 17 millions d’unités encore cette année et que les ventes canadiennes atteindront de nouveau cette année 2 millions d’unités. GM accuse une forte croissance, récoltant des bénéfices de 6 milliards de dollars américains au cours des 9 premiers mois de 2018 seulement. L’industrie est dans une bonne période, ce qui signifie que GM dispose de nombreuses options pour poursuivre sa transformation sans fermer les usines existantes.

Tout plan entraînant la non-allocation de production à Oshawa l’an prochain va complètement à l’encontre des engagements exécutoires pris par GM lors des négociations avec Unifor en 2016. Dans la convention collective, GM s’était engagée à laisser nos usines ouvertes.

En vertu des conditions de l’entente, GM doit garder l’usine d’Oshawa ouverte jusqu’au 21 septembre 2020, au minimum, date à partir de laquelle nous aurons l’occasion de discuter des plans de restructuration pendant les négociations. Depuis l’annonce le 26 novembre, GM a clarifié que les usines « sans aucune allocation de production » aux États-Unis ne seront pas fermées, mais plutôt « mises à l’arrêt », sous réserve des négociations avec les TUA l’automne prochain. Comme première étape au Canada, nous nous attendons à ce que l’entreprise respecte ses obligations légales en vertu de la convention collective.

Ultérieurement, ces efforts pour mettre en œuvre ces plans trahissent les travailleuses et travailleurs qui offrent un travail de grande qualité depuis des décennies. Malgré les efforts pour présenter ces plans comme étant favorables à l’avenir, le résultat final serait de ralentir encore davantage la production au Canada et aux États-Unis tout en continuant de favoriser la production au Mexique.

Malheureusement, les plans ne concernent pas le brillant avenir des travailleuses et travailleurs, mais plutôt la poursuite d’une vision dépassée qui se fonde sur la main-d’œuvre bon marché et les bénéfices à court terme.

L’usine GM d’Oshawa mérite un avenir prospère

À chaque virage, pendant des décennies, les membres de la section locale 222 d’Unifor de l’usine GM d’Oshawa ont livré la marchandise pour l’entreprise. L’usine d’Oshawa construit des automobiles depuis plus de 100 ans. Que ce soit lors de plusieurs périodes de restructuration et d’incertitude ou du lancement de nouveaux produits et de la réalisation d’investissements majeurs, les travailleuses et travailleurs de l’usine GM d’Oshawa ont également offert des niveaux très élevés de qualité et de production. Les membres de la section locale 222 d’Unifor ont raison d’être fiers de leur travail.

L’usine, ainsi que les produits qui y sont construits, a reçu d’innombrables prix pour la qualité, dont quatre prix or et quatre prix argent J.D. Power. lors de la revue annuelle de la société des constructeurs d’automobiles et des usines de production du monde entier. L’usine d’Oshawa s’en est le mieux sortie pour tous les produits Chevrolet de GM dans Consumers Reports, grâce à l’Impala, et s’est classée au premier rang pour les produits Cadillac grâce à la XTS.

L’usine a souvent appliqué des mesures de productivité de la main-d’œuvre, notamment récemment dans le Harbour Report de 2015, occupant la première place dans trois des cinq segments de véhicules dans lesquels œuvre l’usine.

Une question qui touche tout le monde

Les bons emplois dans le secteur automobile sont importants, et leur impact s’étend bien au-delà de la vie des 2 900 travailleuses et travailleurs salariés et de la production de l’usine GM d’Oshawa. Les retombées sont très vastes. Les retombées de l’industrie produites par l’achat de pièces d’automobiles, l’utilisation de matières premières, et les impacts des dépenses des travailleuses et travailleurs signifient que chaque emploi d’une chaîne de montage d’automobiles crée sept autres emplois dans l’ensemble de l’économie.

Des recherches indépendantes menées en 2015 ont révélé que l’activité économique de l’usine GM d’Oshawa à ce moment représentait 30 000 emplois dans l’ensemble de l’économie et générait des recettes publiques de plus de 1 milliard de dollars par année. Une étude approfondie réalisée en 2016 sur l’impact économique des activités manufacturières canadiennes de GM, de Ford et de FCA, a révélé qu’elles ont engendré une contribution annuelle de 4,7 milliards de dollars au trésor public.

Si vous vous souciez de la santé de l’économie ainsi que de la qualité des emplois, des soins, des occasions éducatives et des services publics, alors vous devez vous soucier de l’avenir de l’industrie de l’automobile au Canada.

Que pouvez-vous faire?

Joignez-vous à Unifor au cours des prochains jours et des prochaines semaines afin d’obtenir justice pour les travailleuses et travailleurs de l’usine GM d’Oshawa. Joignez-vous à nous alors que nous dirons à GM que nous n’accepterons pas que les travailleuses et travailleurs canadiens soient traités ainsi et que nous insisterons pour que l’entreprise respecte les engagements pris dans la convention collective. Joignez-vous à nous alors que nous dirons à nos députés fédéraux et provinciaux que nous nous attendons à ce que tous les ordres de gouvernement défendent les bons emplois et se battent pour obtenir une juste part des emplois pour le Canada. Suivez-nous pour connaître les plus récents développements et actions à l’adresse www.unifor.org.

Que devraient faire nos gouvernements?

Les gouvernements du Canada et de l’Ontario doivent prendre le parti des travailleuses et travailleurs de l’usine d’Oshawa. Il n’est pas suffisant de simplement laisser aller et de parler de mettre de l’ordre après une fermeture en mettant l’accent sur le recyclage professionnel et l’adaptation. Nous avons plutôt besoin que nos gouvernements disent aux travailleuses et travailleurs du secteur de l’automobile, à leurs familles et à leurs communautés qu’il se joindra à eux pour défendre leurs emplois. Le premier ministre Justin Trudeau a montré certains signes encourageants, et nous espérons recevoir des signes semblables de la part du premier ministre de l’Ontario Doug Ford.

Nos gouvernements doivent faire équipe avec Unifor maintenant afin d’insister pour que GM respecte ses obligations en vertu de la convention collective, laquelle indique qu’il ne peut y avoir aucune fermeture avant le 21 septembre 2020. Tous les paliers gouvernementaux doivent également prendre les devants et utiliser tous les leviers et options disponibles pour obtenir des investissements à long terme en vue de nouveaux produits à Oshawa. Nos membres, les gens d’Oshawa et la population canadienne ne doivent accepter rien de moins.

Le Canada mérite mieux

GM se porte très bien au Canada. Non seulement les travailleuses et travailleurs des usines d’Oshawa, d’Ingersoll et de St. Catharines de GM produisent des véhicules, des moteurs et des transmissions rentables et de grande qualité, mais l’entreprise vend également beaucoup de véhicules au Canada. Elle en a vendu plus de 300 000 l’an dernier.

Pour GM, le Canada ne sera jamais un marché aussi important que celui de la Chine, son premier marché, ou des États-Unis, son deuxième marché. Cependant, après le Brésil, le Canada est le quatrième marché en importance pour GM : aux prix moyens, les ventes de GM au Canada valent bien plus que 10 milliards de dollars chaque année.
GM parle régulièrement de « construire là où les produits se vendent » pour justifier son expansion à l’étranger ou au Mexique plutôt que d’envoyer des exportations du Canada ou des États-Unis. Mais ce n’est pas vraiment ce que fait l’entreprise en Amérique du Nord. Cette année, le Canada est en bonne voie de construire environ un véhicule GM pour chaque véhicule vendu ici. Au Mexique, ce ratio est presque entièrement déséquilibré et la situation ne fera qu’empirer : cette année, le Mexique devrait construire près de quatre véhicules GM pour chaque véhicule vendu dans ce pays.

Le Canada est un marché important pour GM, et la main-d’œuvre canadienne de l’entreprise offre des produits de grande qualité et une grande productivité. Nous méritons une juste part des emplois et un meilleur traitement.

En quoi le Mexique est-il concerné?

GM a indiqué que les plans de restructuration entraîneront des réductions de coûts de 6 milliards de dollars américains, permettant ainsi à l’entreprise de se concentrer sur le développement de nouveaux produits.

L’entreprise peut bien dire tout ce qu’elle veut sur un avenir axé sur les véhicules électriques et autonomes, mais la façon dont ces plans sont structurés ne peut amener qu’un seul résultat, c’est-à-dire une réduction accrue de la production au Canada et aux États-Unis alors que l’entreprise continue de transférer les investissements et les bons emplois vers le Mexique.

GM ne prévoit pas vendre nettement moins de véhicules en Amérique du Nord au cours des prochaines années, et les prévisions en matière de production montrent qu’elle entend construire encore plus de véhicules au cours des prochaines années au Mexique et moins au Canada et aux États-Unis.

Il y a 5 ans, GM a construit essentiellement le même nombre de véhicules au Canada et au Mexique (627 000 et 646 000, respectivement). Depuis, l’entreprise a régulièrement alloué des produits et transféré des investissements vers le Mexique, y compris toute la production du GMC Terrain et un nombre croissant de Chevrolet Equinox, des véhicules qui étaient précédemment construits exclusivement au Canada. GM a annoncé en 2014 des plans pour doubler la capacité au Mexique, un développement qui, selon nous, annonçait de graves conséquences pour le Canada.
En 2020, GM prévoit construire 938 000 véhicules au Mexique, une hausse de 45 % en 5 ans. Si GM devait fermer son usine d’Oshawa, la production au Canada dégringolerait à 194 000 véhicules en 2020, soit seulement un cinquième du nombre de véhicules que l’entreprise produira au Mexique.
Les travailleuses et travailleurs mexicains du secteur de l’automobile n’ont pas le droit d’adhérer à un véritable syndicat ou d’entreprendre des négociations collectives libres. Les droits des travailleuses et travailleurs ont été bafoués en raison de la collusion entre les « syndicats » alliés au gouvernement qui offrent des contrats de protection de complaisance aux entreprises, habituellement sans que les travailleurs y apposent leur signature ou encore lorsque des contrats sont signés en leur nom. En moyenne, GM paye ses travailleuses et travailleurs mexicains seulement 2 $ l’heure.

L’accord de libre-échange nouvellement négocié entre le Canada, les États-Unis et le Mexique (AEUMC) comprend certaines mesures pour améliorer les droits des travailleuses et travailleurs au Mexique ainsi que des dispositions visant à augmenter les salaires surtout dans le secteur mexicain de l’automobile. En campagne, le nouveau président Andrés Manuel López Obrador avait promis d’améliorer les conditions des travailleuses et travailleurs. Ces développements sont positifs, mais il faudra des années avant d’en voir les résultats. Dans l’intervalle, GM compte profiter des avantages offerts par les faibles salaires et les droits minimaux des travailleuses et travailleurs du Mexique.